Court conte dansé et poétisé sur la tendresse, surtout celle pour soi. La trouver dans ses mains, qu’on croyait capable seulement d’abîmer. La trouver dans les cailloux, ceux qui hantent nos poches et ceux que l’on collectionne comme gri-gri. La trouver dans la lumière, la peau, l’odeur des draps, les mots.

MA CAILLOU, tendresse radicale
Comment se la garder dans le corps
quand on est en bataille contre lui ?

​Ce projet est né de l’envie d’explorer ce que pouvait être la tendresse radicale.
Entre nous, convenir que la tendresse c’est de l’ordre du désir de se lier à l’autre, de se comprendre.
Faire le choix de travailler avec des amies, des personnes avec qui je veux renforcer les liens. Un mucilage d’une autre sorte, autour du soin collectif. Un écho aux espaces de lutte féministe : un endroit pour être une soi à la fois chamboulée, encouragée, consolée, soulevée, cicatrisée.
Nous sommes trois sur scène à être traversées par des balbutiements. Tantôt à s’abîmer, tantôt à s’apaiser. Chercher comment accueillir autre chose que la colère que l’on se donne beaucoup trop facilement. Petit à petit, cristalliser quelque chose autour de l’abandon, la confiance, la douceur.
Il y a une forme de réparation nécessaire, de réconciliation avec soi. Inviter les autres à chasser ce qui nuit. Exprimer des corps complices, des mains qui révèlent combien elles tiennent à l’autre. S’écrire un chemin pour se raviver, le dire à voix haute parce que ça résonne dans les os, ça fait vibrer la gorge. C’est une promesse que l’on se fait.
La tendresse est radicale quand elle est un choix et une pratique au-delà d’un geste désintéressé. Être tendre c’est parfois témoigner de la violence dont est parcourue l’autre, absorber ses échardes. C’est un mouvement, imprudent mais d’une poésie fabuleuse.


[...] dire avec la voix et aussi dire par le corps.
À plusieurs explorer les images que la tendresse suscite en nous. Surtout jouer, comme des adultes qui veulent retrouver leur espièglerie.
Posture souple, abandonnée, téméraire. Se bousculer ou s’inventer. Laisser venir l’imaginaire comme intégrer les cailloux. Trésor, pouvoir magique et pourquoi pas quelque chose qui vient modifier la forme du corps Sous les vêtements amples, des secondes peaux qui dissimulent les cailloux, révélés parfois par des bosses Les ôter comme des bouts de soi qu’on étale autour, sur les autres. S’appliquer à se débarrasser d’eux ou à les collectionner.
Et qu’est-ce que cela raconte si je dis « ma » caillou ? Chercher avec ces minéraux une autre manière d’ausculter nos corps.

Équipe :
Diane Bellavance, mise en scène et interprète
Maëva Guillery, interprète
Enora Guillery, interprète
Eve Jégou, ilustratrice
